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JB Cokelaer : passion champignon !

Pharmacien au Cateau-Cambresis, Jean-Baptiste Cokelaer partage avec bonheur son amour des champignons. A la belle saison, le mycologue érudit propose aux particuliers comme aux chefs des cueillettes découverte. Portait d’une passion.

jean-baptiste-cokelaer-mycologue-203Le monde de la gastronomie est un vivier de passionnés. Beaucoup vibreront au crépitement d’une pièce de viande dans une poêle brûlante. Nombreux auront l’œil humide à l’ouverture d’une bouteille convoitée. D’autres vous parleront de poivre pendant des heures. Et certains, comme Jean-Baptiste Cokelaer, vous conteront l’histoire du mystérieux champignon…

Parfois redoutés pour leur toxicité, souvent recherchés pour leurs saveurs, tous suscitent sa fascination. Le pétillant pharmacien parle de champignon comme on parle d’amour : « On arrive en fin de saison… Je vais devoir rentrer en période d’abstinence ». Mais ses yeux rieurs se remettent à briller dès qu’il évoque le retour de la morille au printemps.

Un passionné né

Né à Cambrai, Jean-Baptiste vibre passionnément dès le plus jeune âge. Tout petit, il collectionne déjà les timbres. Il se passionne ensuite pour l’électronique avant de se prendre d’amour pour la botanique en réalisant son premier herbier.  Il engage alors des études de pharmacie qui lui feront découvrir la mycologie. Le champignon ne l’emballe pas immédiatement et Jean-Baptiste oriente sa thèse dans l’ethno-botanique.

Diplôme en poche, il devient assistant pharmacien à Abscon. Mais en août 2008, Jean-Baptiste tombe gravement malade. Après s’être rétabli, il décide de changer de vie et rebondit en ouvrant sa propre boutique au Cateau-Cambresis.  « M’installer au Cateau a été une véritable bouffée d’oxygène après l’épreuve de la maladie, car j’y ai redécouvert un environnement naturel incroyable. Je suis petit fils d’agriculteur, et ce retour à la terre m’a profondément ressourcé ».

L'étang du Flaquet

Le bois l’évêque et l’étang du Flaquet

L’appel de sa « forêt de cœur »

Cueillette dans le bois l'évêque

Jean-Baptiste en cueillette au bois l’évêque

A son arrivée au Cateau, les retrouvailles avec le bois l’évêque, sa « forêt de cœur »,  l’incite à explorer les quelques 500 espèces de champignons peuplant ces lieux. « On a tous une forêt de cœur. Une forêt où on a des souvenirs de cabane, de scout, de cueillettes, de câlins ! Une forêt qui nous ramène à nos sensations d’enfance ». 

Au contact de son ami Gregory Van Hove, mycologue et pharmacien à Oignies, Jean-Baptiste se replonge dans la science des champignons et multiplie les cueillettes. « En tant que pharmacien, on doit renseigner nos patients sur les champignons cueillis. Le champignon, c’est tellement complexe, que j’avais peur de me tromper. En arrivant ici, j’ai eu envie d’apprendre pour dépasser mes blocages. »

En 2014, Jean-Baptiste conforte ses connaissances en passant un Diplôme Universitaire de mycologie  auprès de Régis Courtecuisse,  l’un des ténors du domaine. Sensible au réel et au naturel, Jean-Baptiste devient alors un « mycologue de terrain ». « Certains spécialistes passent leurs journées derrière des microscopes. Moi j’ai besoin de toucher, de sentir, d’être immergé en pleine nature. »

Une histoire de partage

L’homme qui a à cœur de partager sa passion, se définit comme un passeur. Dès 2009, Jean-Baptiste lance des cueillettes gratuites ouvertes à tous. « J’ai besoin de partager cette passion, sinon ça n’a pas grand intérêt. Je n’invente rien, je me charge simplement de conter, de re-conter ce que d’autres m’ont transmis ».

Les chefs aussi font appel à son expertise pour reconnaître et cueillir champignons et herbes sauvages qui prendront place dans leurs assiettes. Florent LadeynSébastien Porquet, Nicolas Rucheton, son voisin et ami Raynald Boucaut et même le chocolatier parisien Patrick Roger ont arpenté à ses côté bois, prés et parfois même dunes côtières. « Ces cueillettes sont surtout l’occasion d’échanger avec des passionnés aussi perchés que moi [rire]. Et puis, il faut bien dire que j’ai une certaine peur de l’abandon. Lier des amitiés, créer des liens… ça me rassure ».

Sa collaboration avec les chefs ne s’arrête pas là. Jean-Baptiste participe à leurs côtés à des démonstrations culinaires, notamment lors du salon Envies culinaires à Lille ou de l’opération « Chefs de Gare ».

Et comme « partage » rime aussi avec « breuvage », Jean-Baptiste a créé deux bières parfumées aux champignons avec la complicité de la brasserie du Vivat. Après la « Mort’Ale » (aux trompettes de la mort) et la « Bord’Ale » (aux cèpes de Bordeaux) , il cherche désormais un nom pour sa troisième expérimentation à base de truffes [avis aux bonnes idées en commentaire 😉 ].

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Bref, Jean-Baptiste a plus d’un projet dans son panier pour explorer les contours de ce produit encore mal connu. « Tu te rends compte : seulement 10 à 15 % des champignons poussant sur terre sont identifiés à ce jour ! ». Une passion dont il n’est pas près de faire le tour de la question…

 

Plus d’informations

La saison automnale des champignons est terminée, mais les cueillettes d’herbes sauvages organisées par Jean-Baptiste reprendront au printemps.
>> Plus d’informations sur sa page Facebook

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